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Document Type
Further Analysis
Publication Topic(s)
Nutrition
Country(s)
Mali
Language
French
Author(s)
Soumaïla Mariko et al and ICF Macro, Calverton, Maryland, USA
Publication Date
September 2009
Publication ID
FA68

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Abstract:

Cette étude s’inscrit dans le cadre des analyses approfondies des résultats de l’Enquête Démographique et de Santé réalisée en 2006 au Mali (EDSM-IV). L’EDSM-IV est la quatrième enquête d’une série réalisée par la Cellule de Planification et de Statistique du Ministère de la Santé et par la Direction Nationale de la Statistique et de l’Informatique du Ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Commerce, en collaboration avec l’Institut National de Recherche en Santé Publique (INRSP). Elle a bénéficié de l’assistance technique de Macro International et de l’appui financier de l’USAID, de l’Unicef, de l’UNFPA, de la Coopération Néerlandaise, de la Banque Mondiale et du Gouvernement Malien. Au cours de l’EDSM-IV, en plus des interviews, on a relevé les mesures anthropométriques (taille et poids) de tous les enfants du ménage, âgés de moins de cinq ans. Ces informations combinées avec l’âge, ont permis d’élaborer les trois indices anthropométriques taille-pour-âge, poids-pour-taille et poids-pour-âge recommandés par l’OMS pour évaluer l’état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans. La revue de la littérature dans le domaine de la nutrition a montré que la malnutrition chez les enfants dans les pays en développement, et en particulier au Mali, constitue le problème majeur de leur développement et de leur survie. L’objectif de cette étude est donc d’analyser l’état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans au Mali, afin de contribuer à mieux comprendre et contrôler le problème de la malnutrition au Mali. Afin de pouvoir expliquer et prédire les changements survenus au niveau de la malnutrition infanto-juvénile au Mali, nous avons appliqué un modèle simplifié, issu du cadre analytique de l’Unicef pour l’état nutritionnel (Unicef, 1998), au contexte de la malnutrition des enfants du Mali . Les données utilisées sont celles des EDS du Mali de 1995/1996, de 2001 et de 2006 pour les analyses des tendances et facteurs de différenciation de la malnutrition des enfants au Mali. Les données de l’EDS du Mali de 2006 ont été utilisées pour analyser l’influence des facteurs déterminants de l’état nutritionnel des enfants. À l’aide du modèle simplifié, trois catégories de variables ont été constituées pour cette analyse ; il s’agit des caractéristiques propres de l’enfant, y compris les infections et les épisodes diarrhéiques survenus au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, les caractéristiques de la mère et les caractéristiques du ménage et de la résidence. Cette étude a mis en évidence la persistance de niveaux élevés de malnutrition parmi les enfants maliens. L’examen des niveaux d'hémoglobine a aussi montré que la prévalence de l’anémie sévère demeure élevée et qu’elle est associée avec la malnutrition depuis les dix dernières années. En effet, en 2001, parmi les enfants atteints d’anémie sévère, 39 % étaient atteints de retard de croissance sévère et en 2006, cette proportion était de 33 %. En ce qui concerne l’émaciation, les résultats ont montré qu’en 2001, parmi les enfants atteints d’anémie sévère, 7 % souffraient d’émaciation sévère ; en 2006, cette proportion était de 9 % ; Pour l’insuffisance pondérale ces proportions étaient respectivement de 22 % et 19 %. L’évaluation de l’état nutritionnel des enfants au moyen des trois indices anthropométriques n’a pas, non plus, montré d’amélioration au cours de ces dix dernières années. La prévalence du retard de croissance est restée supérieure à 30 % dans cette période, variant entre 36 % et 42 %; celle de l’émaciation a varié entre 13 % et 27 % et celle de l’insuffisance pondérale a varié entre 27 % et 36 %. En particulier, en 2006, la prévalence était évaluée à 38 % pour le retard de croissance, 16 % pour l’émaciation ou maigreur et 27 % pour l’insuffisance pondérale. L’analyse de l’influence de ces caractéristiques à travers le cadre conceptuel retenu, a révélé que les caractéristiques de l’enfant telles que l’avancement en âge, le fait qu’il soit de sexe masculin, l’augmentation du rang de naissance, un intervalle intergénésique court, augmenterait significativement son risque de retard de croissance, ou de malnutrition chronique. De même, un rétrécissement de l’intervalle intergénésique est associé à un risque accru de présenter une insuffisance pondérale. En outre, une petite taille à la naissance augmenterait aussi le risque d’insuffisance pondérale par rapport à un enfant dont la taille à la naissance est moyenne. Globalement, les enfants de petite taille à la naissance auraient non seulement un plus grand risque de retard de croissance, ou malnutrition chronique, mais aussi un plus grand risque d’émaciation, ou malnutrition aigüe. La survenue de maladies infectieuses et parasitaires chez l’enfant, comme les IRA et la diarrhée dans les deux semaines précédant l’interview, augmenterait considérablement son risque d’insuffisance pondérale, en particulier le risque d’émaciation ou de malnutrition aigüe. Toutefois, ces facteurs d’infections et de diarrhée n’auraient pas d’influence significative sur le risque de retard de croissance ou de malnutrition chronique, comme on pouvait s’y attendre étant donné le caractère saisonnier de ces maladies. L’âge de la mère n’a pas d’impact significatif, ni sur la malnutrition aigüe, ni sur la malnutrition chronique. Par contre, l’état nutritionnel de la mère influence plutôt le risque de malnutrition aigüe et d’insuffisance pondérale. On n’a pas démontré non plus d’association significative entre l’IMC de la mère et le retard de croissance chez l’enfant ; Il en est de même de l’état matrimonial et du niveau d’instruction. La taille du ménage et le nombre d’enfants de moins de cinq ans vivant dans le ménage, ainsi que la variable région n’ont aucun effet sur le risque de malnutrition chronique ou aigüe de l’enfant. Par contre, plus le ménage est pauvre, plus les risques que les enfants souffrent de retard de croissance, et d’insuffisance pondérale sont accrus. La consommation d’eau propre pour la boisson et l’utilisation de toilettes ont montré des effets mitigés, sans grande significativité le plus souvent. Le facteur milieu de résidence urbain et rural, affecterait uniquement le risque de malnutrition chronique ou de retard de croissance chez l’enfant, en attribuant un risque de malnutrition chronique plus élevé aux enfants du milieu rural. Les résultats de cette analyse suggèrent donc que les caractéristiques de l’enfant telles que son âge, son rang de naissance, son intervalle intergénésique, sa petite taille à la naissance, y compris les épisodes de maladies infectieuses et parasitaires comme les IRA et la diarrhée, sont les meilleurs facteurs de prédiction, autant pour l’apparition de l’émaciation ou malnutrition aigüe que pour l’apparition de retard de croissance ou malnutrition chronique chez l’enfant. Par conséquent, il serait souhaitable que des programmes en matière de nutrition et de sécuritaire alimentaire soient initiés au Mali en incorporant des composantes comme la planification familiale, visant aussi bien la limitation, que l’espacement (élargissement de l’intervalle intergénésique). Des actions visant l’amélioration des services de santé, des sources d’eau potable, de l’hygiène et des installations sanitaires, doivent aussi être menées afin d’améliorer la prévention et le traitement des infections et de la diarrhée qui sont, dans de nombreux cas, responsable